À peine diplômé, contemplant un marché du travail atone et une sinistrose profonde, j’ai décidé de partir. J’ai égrainé pendant près de onze ans des adresses au Japon, aux Etats-Unis et en Corée du Sud. De retour en France, j’ai retrouvé bien sûr certains aspects inchangés – un pays qui ressemble à ce que je nomme une « URSS finissante qui n’en finit pas de finir », prisonnier d’archaïsmes profonds dont personne n’arrive à le sortir –, ainsi que le sentiment, plus gênant, de faire face à une société de castes, où chacun doit rester à une place déterminée, et où les destins sont tracés en apparence au sortir des études (mais en réalité très en amont), comme l’a montré le dernier rapport Pisa. Mais j’ai aussi retrouvé certains bonheurs, une gastronomie fabuleuse, un goût pour la culture, un sens de l’Histoire, et bien davantage.
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